• Bardo ou Bar Do Thos Grol (prononcer "bardo thödo"

    vajraahiLe Bar Do désigne l'état intermédiaire entre la mort et la renaissance. Voici ce qu'en dit Ralph Stehly

    © Ralph Stehly, Professeur d’histoire des religions, Université Marc Bloch, Strasbourg

    ORIENT
    LE MONDE DES RELIGIONS
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    "Le Bardo Thödol est le texte lu par le lama appelé hpho-bo (prononcer pho-o, ph = p + h !), au moment du décès et jusqu'au 49ème jour après le décès.

    Thos-pa signifie en tibétain "entendre", grop-pal "libérer", Bar Do Thos Grol  (prononcer "bardo thödol") signifie donc "libération par l'audition lors du passage par l'état intermédiaire entre la mort et la renaissance".

    Le premier bardo
    ou Hchi-Khahi-Bardo (prononcer Tchikaï-Bardo)
    On croit que pendant trois jours et demi ou 4 jours après la mort, le principe conscient (yid lus) demeure dans un état de transe, sans savoir qu'il est séparé de son corps sur le plan humain.Le Hchi-Kahi-Bardo est l'état où le principe conscient (shes-pa) est confronté à la claire lumière dans son état de pureté primordiale, celle du Dharma-kâya..
    20 à 30 minutes après l'expiration, si celui qui l'aperçoit est incapable de la reconnaître (c-à-d incapable de se maintenir en syntonisation ou en concordance avec elle, parce que, de son vivant, il n' a pas expérimenté le dharma-kâya), il perçoit cette lumière obscurcie karmiquement, sous son second aspect. La libération est encore possible.Bardo_todol_0af47

    Puis le mort entre dans le deuxième bardo appelé Chos-Nyid-Bardo (pr. Tchö Nyid Bardo).
    Dans ce deuxième bardo, on voit apparaître devant soi ce qui a été fait et pensé dans le corps terrestre. Toutes les potentialités que nous n'avons pas réalisées durant notre vie, comme tout ce qu'on a laissé croître et s'épanouir durant l'existence, tout cela repasse devant soi.

    Du premier au septième jour apparaissent les divinités paisibles, du septième au quatorzième jour les divinités irritées. Ces divinités ne sont rien d'autre que les formes personnifiées des impulsions intellectuelles ou sensibles du vivant. Les divinités paisibles sont les formes personnifiées des sentiments humains les plus sublimes, ceux du cœur.

    Ensuite, c'est la vie intellectuelle qui est revécue sur le plan du bardo: ce sont les divinités irritées, qui personnifient les raisonnements et proviennent du cerveau. Aucune de ces divinités n'a, pas plus que les êtres humains, une existence individuelle réelle. Elles sont simplement la visualisation du contenu de la conscience. En conséquence, les expériences du bardo seront différentes selon les croyances auxquelles nous avons adhéré de notre vivant: un musulman verra le paradis de l'islam, un chrétien le paradis du christianisme, un amérindien aura la vision de la Terre de la chasse heureuse. Les expériences du bardo sont donc dépendantes du contenu mental de chaque personne.

    Du 15ème au 49ème jour, le défunt entre dans le Srid-Pahi-Bardo (pr. Sidpaï Bardo), lequel se termine au moment où le principe conscient a pris renaissance dans le monde humain ou dans un autre monde.

    Dans le troisième bardo, le défunt a encore plus ou moins l'illusion que malgré sa mort, il a encore un corps de chair et de sang. Lorsqu'il commence à comprendre qu'en réalité il n'a plus de corps, il commence à éprouver le désir insurmontable d'en posséder un. D'où le rite de la fermeture de la matrice, s'il n'est pas possible de diriger le principe conscient vers la meilleure matrice possible.

    Les esprits ordinaires expérimentent les trois bardos. Les esprits exceptionnels possesseurs d'un savoir yoguique expérimentent seulement les états les plus spirituels du premier jour."


    Pour aller plus loin, on peut lire

    51PX3FTB9CLLe Bardo Thödol, Livre des morts tibétain, ed. et trad. Y. EVANS-WETZ

    • Le Livre tibétain de la vie et de la mort de Sogyal Rinpoché fait un parallèle entre l'approche de la mort par la tradition tibétaine et la recherche contemporaine. Il décrit en particulier les « bardos » qui seraient des états de conscience post-mortem, auxquels un ouvrage de 1927 au titre similaire, le Bardo Thödol (Livre des morts tibétain), faisait déjà référence. Editeur Lgf, 2005, (ISBN 2253067717)

    L'ouvrage contient des exercices pour se préparer à la mort et aider les mourants. Ce livre se présente également comme une introduction à la pratique de la méditation, ainsi qu'aux notions de renaissance et de karma.

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